Le chemin de lumière (2003)

 

 

 

Pourquoi choisir comme trame « La flûte enchantée » ?  Parce que le thème essentiel de « La flûte » est l’accomplissement de l’être humain dans et par le voyage initiatique.  Une initiation pour apprendre à se vaincre soi-même, à vaincre ses peurs, comme dans les cauchemars d’enfance dont il faut se réveiller.

J’espère conserver ce regard que portent les enfants sur l’existence qui s’offre à eux.  Avec leur naturel, mais aussi leur gravité.  Celle qui vous transperce lorsqu’ils vous regardent au plus profond de vous-même.  Schikaneder et Mozart ont mis sur orbite des énergies essentielles qui se combattent pour mieux se croiser : les mythes du Soleil et de la Lune, du Jour et de la Nuit, la Terre, l’Eau et le Feu servant à tracer un rituel bouleversant parce que profondément humain dans son illogisme.

Chaotique comme l’existence, la « Flûte » nous entraîne dans une suite d’aventures qui mènent à la découverte de l’identité.  C’est une histoire fantastique où la vie, la mort, l’amour, le divin, la lutte entre des forces humaines et des principes solaires, le masculin et le féminin sont offerts à la méditation du spectateur : à chacun d’y trouver ce que sa culture, son âge, ses réflexions et sa foi lui permettent de découvrir.

Quelques chiffres…

450 danseurs,
2 comédiennes,
60 couturiers bénévoles,
1 500 costumes,
180 élèves,
11 professeurs,
150 projets d’affiches,
1 affiche sélectionnée,
1 000 affiches imprimées,
500 programmes de 24 pages,
et seulement 2 représentations,
les 7 et 8 juin 2003


 Etape après étape

 Le 8 novembre 2002

Deux mois déjà qu’aux quatre coins de St-Luc professeurs et élèves s’imprègnent de La flûte enchantée.  Très vite, le dialogue s’ouvre et Xavier précise les rectifications à apporter aux premières ébauches.  Discrétion et sobriété sont les mots d’ordre.

Le premier choix critique est d’autant plus difficile à opérer que tous les projets présentés s’avèrent intéressants par un aspect ou un autre et ce même si tous nécessitent quelques améliorations.

 Le 13 décembre 2002

Le titre – enfin – trouvé, Le chemin de lumière.

 Le 14 février 2003

Tous les projets retouchés ou neufs sont présentés pour la dernière fois au maître d’œuvre.


 Quand la comédie s’en mêle…

 « Il y a un réel échange, nous dit Pascale, comme lorsque l’on joue au ping-pong : ce que l’on envoie est toujours renvoyé… »

Pascale et Elise incarne respectivement les rôles de Pamina et de Papagéna, assurant le lien entre toutes les scènes.  L’accent est d’ailleurs porté sur le vécu, sur les émotions et les états d’âme de ces deux femmes.

 Les deux comédiennes se décrivent comme des « voyageuses, des exploratrices du temps »…

 Le spectacle, enfin, peut être vécu par chacun au degré qu’il choisit…  Tout le monde peut en tirer des choses, un enseignement, une morale ou simplement y voir une jolie histoire, agréable à regarder…

 De la création à la scène

Particulièrement sensibilisée à l’architecture d’intérieur, au design, à la scénographie, la section « Volume » s’est vu confier la création des décors et objets scéniques du Chemin de lumière.

Créativité, investissement et volonté de parfaire, voilà les mots clés de cette section.

Cette première intrusion dans la vie professionnelle permet à chacun d’eux d’être sensibilisé aux rapports existant entre les diverses formes d’art.

Du spectacle à la scène

 Qui dit spectacle dit scène adaptée.

 C’est à l’option ébénisterie qu’est revenue la conception d’une maquette de la scène, qui accueillera les 450 danseurs du spectacle Le chemin de lumière.

 La maquette de la structure de la scène de la maison de la culture à l’échelle 1/20.  L’objectif de cette superbe maquette est d’aider à prévoir les décors et les accessoires du ballet (rideaux, panneaux amovibles, passerelle, scène, coulisses…)

La diffusion

Une affiche, un programme, une invitation et un billet d’entrée, autant d’éléments de diffusion que les élèves de sixième illustration de St-Luc réaliseront.

« J’ai voulu travailler l’argument de façon originale et raconter l’histoire après l’histoire », affirme Xavier Gossuin.  (…)  « Rien de biblique mais l’accomplissement de l’être humain au sens large. »

 Françoise Lison,
Le Courrier de l’Escaut

 Le résultat est d’une intelligence esthétique rarement prise en défaut et, surtout, il s’adresse à un large public.  C’est un sommet pour Danses et Cie, et du bonheur à revendre pour les spectateurs émerveillés.

La rencontre de tant d’énergies humaines et le savoir-faire pédagogique de Danses et Cie donnent un mélange subtil de délire imaginatif, de raffinement chorégraphique et de technicité scénographique.  Le tout est au service d’une pédagogie de la danse où chacun, enfant ou adulte, trouve sa juste place.

On retrouve dans ce spectacle ce qui est le propre du style Gossuin.  C’est l’adéquation, quasi parfaite, entre la musique et la danse.  Les mouvements d’ensemble font que les danseurs n’apparaissent jamais en concurrence, mais les meilleurs entraînent les plus timides dans un esprit d’harmonie fraternelle.  C’est un fait plutôt rare dans le monde narcissique de la danse !

Ce spectacle constitue un véritable cas de figure par sa capacité de faire intervenir des ateliers différents dans un spectacle unitaire et somptueux.  Sans oublier l’émotion, et le sourire émerveillé de l’enfance.

Bruno Lestarquit,
Nord-Eclair