Sérénissime

L’histoire
Venise est le fruit d’un
rêve : de l’eau naquit une ville, vêtue des longs voiles blancs de la
brume, comme une femme allant au baptême.
Il fallut 6000 ans pour que,
lentement, calmement, la lagune apparaisse, orchestrée par la magie des
sirènes, accouchant l’eau de la terre.
Mais très vite, la nature
reprit ses droits et l’érosion commença son travail.
Avec force et puissance, les
îlots ainsi créés se mirent en mouvement pour construire le socle sur
lequel la ville-femme pourra s’épanouir.
Quand soudain les anges
firent leur apparition pour défier le ciel et couronner le premier doge,
figé dans sa toge, guettant la délation et la débauche.
La ville se structure : de
nombreux ouvriers s’affairent à la tâche pour édifier et unifier les
nombreuses parties de la cité.
Arches d’alliance entre chaque
îlot, patiemment s’élève le Rialto. Et après lui autant de ponts : 416, pas
moins, pour relier Venise à elle-même. Au pied de ceux-ci, sérieux comme des
doges et droits comme des i, tantôt caressés par les vagues, tantôt
rongés par elles, les Ducs d’Albe sont au garde-à-vous et les bateaux s’y
fixent rendez-vous.
Autant de cloches que de
ponts pour donner voix et vibrations à cette jeune femme qu’est encore Venise.
Son corps est constitué de six membres : les sestiers. San Polo,
Canareggio, Santa Croce, Dorsoduro, Castello et, bien sûr, San Marco, caressés
de temps à autre par une légère brume qui va devenir légendaire.
Le cœur de Venise se déplace
vers la Place Saint-Marc où les constructions vont bon train. De curieux
petits êtres vont aussi y élire domicile en frôlant de leurs ailes les badauds
distraits : vous avez deviné, ce sont les pigeons bien sûr !
La place voit aussi partir et
revenir le fils prodigue : Marco Polo, marin aventureux qui va faire de
la Ville une porte entre l’Orient et l’Occident.
L’occasion pour les garçons
du café Florian de faire découvrir de nouvelles boissons comme le café et le
célèbre chocolat.
Mais au Florian, on ne sert pas
que les cafés, et ça, un certain Casanova le sait. Les femmes y
sont à consommer. Pourquoi se priver ?
A la fois sévère et folle,
paradoxale, six mois sur douze, Venise est la ville où tout est permis. C’est le
carnaval, avec ses comtesses sans retenue, la moquerie de la commedia
dell’arte et ses moines déjantés ayant un peu abusé du prosecco !
Fin de la première partie
Qui sème le vent récolte la tempête et Casanova
va en faire l’expérience ; pourchassé par les chevaliers d’éon ! Il
faisait fi d’être dans la ville des Doges où la vertu se hasarde, l’Inquisition
le traque et la bouche du lion crache son nom !!
C’est la fin d’un monde, le passé se noie ! Un
futur sombre se profile à l’horizon, amené par de petits rongeurs qui
longent les quais, martèlent les ruelles : la peste soit de ces maudits
rats !
D’étranges personnages masqués et habillés de
longs manteaux noirs vont tenter de guérir Venise : ils sont baptisés les « Docteurs
la Peste » ! Mais les chats finiront le travail en libérant la ville
de ces parasites.
La souffrance et la peur ont transformé la
noblesse en une cour austère et aux abois qui marquera l’histoire. Les
lucioles vont fixer leur image sur la toile. Un lieu y sera consacré : c’est
la galerie de l’Académie.
L’écrivain Georges Sand et ses contemporains
fréquentent souvent cette galerie pour y retrouver, parmi les tableaux,
Casanova et sa cour, Vivaldi et sa musique, Goldoni et sa comédie,
la cour lyrique, symbole du baroque flamboyant, et aussi Napoléon
avec sa manie de transformer tous les lieux où il pose le pied sans se soucier
du mal qu’il apporte autour de lui.
Le temps passe ; les choses changent mais
les cadres restent tandis que Venise conserve toute son authenticité.
De nos jours, les touristes continuent
d’affluer dans ce musée même si parfois des visiteurs imaginaires, sortis tout
droit d’une BD, hantent les lieux comme ce célèbre marin, Corto
Maltese, qui aurait bien aimé terrasser Napoléon s’il avait été de son
siècle !
Venise attire du beau monde aussi, comme, par
exemple, Peggy Guggenheim. Folle de vie, amoureuse d’art contemporain et
milliardaire, elle transforme palais et lieux mythiques pour y exposer ses beaux
objets qui font un pied de nez au monde du passé. Ainsi, toute l’Amérique
défile, même si parfois on est en droit de se demander si ces œuvres d’art ne
sont pas remplies de vide !
Mais la nostalgie reprend ses droits et des
cinéastes de génie, tel Luchino Visconti, ressuscitent le Lido et sa plage
1900, le temps d’un instant.
Et de nos jours, le Lido et ses
maîtres nageurs continuent de tourner la tête aux visiteurs du monde
entier…et de la Sérénissime elle-même !
Peut-être y poserez-vous vos bagages un jour ? Bonnes vacances !
Les photos du spectacle
















Les photos de la première répétition, le dimanche 5 avril 2009