Marie-Antoinette (1995)

 

 

 

Ballet classique

Les jardins des Dieux.
Tous parcs étaient vergers du Temps de nos ancêtres;
tous vergers sont faits parcs :
le savoir de ces maîtres change en jardins royaux ceux des simples bourgeois,
comme en jardins de dieux il change ceux des rois

La Fontaine, Les amours de Psyché

A Vienne, dans le parc du palais natal, Marie-Antoinette, jeune princesse insouciante, joue avec son ami, le petit Mozart, sous le regard amusé de son entourage.
Mais le temps passe vite et, à l'aube de ses 12 ans, Marie-Antoinette apprend de sa mère l'impératrice Marie-Thérèse qu'elle est destinée au mariage avec le futur roi de France, Louis XVI.
La princesse se rebelle : elle ne veut pas quitter sa famille.  Mais l'impératrice reste inflexible et Marie-Antoinette doit se plier à la volonté de sa mère.  Aussi se prépare-t-elle à entrer dans une nouvelle vie.  Elle apprend à se conduire en société et, notamment, prend des leçons de danse, avant de s'embarquer pour son pays d'adoption.

Le 14 mai 1770, à l'orée de la forêt de Compiègne, toute la Cour de France attend avec impatience la future reine.  Mais pour celle-ci, ce sont les sentiments de crainte et de solitude qui sont au rendez-vous.
Durant les années qui suivent, Marie-Antoinette reçoit une éducation "à la française".
L'adolescente préfère toutefois se soustraire aux cours pour jouer à la coquette en compagnie de sa couturière préférée, Rose Bertin.
Mais quand l'étiquette l'exige, elle doit se soumettre aux interminables séances de pose pour les portraits officiels réalisés par Mme Vigée-Lebrun.
Enfin, voici venu le jour du mariage.  Dans la chapelle du château de Versailles, les deux futurs souverains, acclamés par le tout Paris, échangent leurs consentements au cours d'une célébration fastueuse.
Après de nombreux mois, la France entière attend un enfant de cette union, mais en vain.  Marie-Antoinette désespère d'apporter un jour un héritier au trône.

Les plaisirs et les jours.
Il y avait des comédies trois fois par semaine, un bal tous les samedis, et les trois autres jours, dès 18 heures, nous nous rassemblions et avions une liberté toute entière de se divertir : musique, danse et jeux s'intercalaient entre de magnifiques collations.

Marquis de Gourches, Mémoires

Qu'à cela ne tienne.  L'amie de Marie-Antoinette va mettre tout en oeuvre pour la distraire de son chagrin et l'entraîne, à l'insu de tous, à un grand bal masqué à l'opéra.  C'est là que Marie-Antoinette rencontre le séduisant comte suédois Axel de Fersen.  Ils sont tout de suite épris l'un de l'autre mais leur amour ne pourra jamais se concrétiser, Marie-Antoinette en est bien consciente.  N'est-elle pas destinée à régner sur le royaume de France aux côtés de son époux ?

La mort du roi.
Le dimanche 25 août, on ne fit plus mystère du danger imminent.
Le mercredi 28 août, il fit une amitié à Mme de Maintenon et il lui dit : "Pourquoi pleurez-vous ?  Est-ce que vous m'avez cru immortel ?"  Le samedi 31 août, la nuit et la journée furent détestables, les médecins consentaient à tout parce qu'il n'y avait plus d'espérance.  Toute la nuit, il fut sans connaissance et le dimanche 1er septembre 1774, à huit heures un quart du matin, il mourut.

Saint-Simon

En septembre 1774, Louis XV décède.
Louis XVI et Marie-Antoinette, tremblants de peur, se réfugient dans leurs appartements.  Ils sont jeunes et ne se sentent pas prêts à endosser la responsabilité de l'avenir de tout un pays.
Mais, déjà, toute la Cour en liesse vient acclamer les nouveaux souverains.

Partie moderne

Progressivement, nous allons vous transporter dans un monde parallèle où le passé se fondera dans le futur, où perruques, maquillages, décors et éclairages seront prétexte à explorer un espace-temps imaginaire.
Les "Gardiens du temps", personnages énigmatiques en noir et blanc, vont articuler le spectacle.

Pour commencer, ils mènent Marie-Antoinette et toute sa Cour vers une ère révolutionnaire.  Ensuite, ils invitent le peuple à exprimer sa colère et ses rancoeurs au roi perché sur les hauteurs de son pouvoir.
De façon dédaigneuse, les nobles se moquent de leur requête.
Peu à peu, les complots se mettent en place chez les paysans, la crainte commence à naître chez les enfants et l'insouciance de la Cour est troublée par de vagues sentiments de menace.
Dans le palais, Marie-Antoinette et ses serviteurs se sentent traqués, mais ils refusent d'admettre le danger.
Après de longues hésitations, le peuple se rassemble et envahit Versailles.

La noblesse apprivoisée.

C'est la fuite.  D'abord celle des enfants accompagnés de leur gouvernante.  Puis celle de la reine et de sa Cour.  Mais il est trop tard.  Ils sont pris au piège et le couple royal se trouve prisonnier de l'Histoire qui se tisse, qui les enserre dans son étau.
Ils n'ont plus le choix : c'est la résignation tandis que le peuple marche triomphalement sur le pouvoir.
Pendant que le peuple fête sa victoire, les membres de la famille royale sont séparés et enfermés dans des cachots différents.

Que mon fils n'oublie jamais les derniers mots de son père que je lui répète expressément : qu'il ne cherche jamais à venger notre mort.  Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu'ils m'ont fait.

Extrait de la lettre de la reine à Madame Elisabeth

Quelques enfants de villageois quittent la fête pour aller regarder et railler Marie-Antoinette dans sa cellule.  Désespérée, celle-ci est sujette à des hallucinations.  Lorsqu'elle revient à elle, ses cheveux ont été coupés.
Sentant sa fin proche, l'ex-reine de France voit sa vie défiler dans un tourbillon de personnages.
Le prêtre, accompagné des gardiens du temps, propose l'extrême onction à cette femme vieillie et meurtrie.  Mais elle refuse.
Son sort est joué.  Elle le sait.  Mais elle continue à vouloir plaider sa cause tandis que la Révolution continue sa marche vers l'avenir...

Que signifie arriver à bon port, quand on sait que le port est toujours plus beau vu de loin ?

Elisabeth d'Autriche